ALEJANDRA SMITS, POÉSIE, FOOTBALL ET RÉVOLUTION

Ecrire, performer et intervenir dans différents projets créatifs. Alejandra Smits est une artiste multidisciplinaire qui aime explorer tous types de formats, mais toujours avec la narration comme fil conducteur. C'est que, finalement, il s'agit toujours de la même chose : raconter des histoires. Alejandra participe avec Mans O et Candela Capitán à la vidéo que nous avons réalisée pour le lancement des nouvelles Sobakov Boost x SVD d'adidas Consortium avec le studio Querida, dans laquelle elle récite l'un de ses poèmes, écrit pour l'occasion. Nous en profitons pour parler avec elle d’identité, d’inspiration, d’honnêteté et de poésie.

" La poésie est omniprésente, c'est inéluctable ", dit cette artiste de père néerlandais et de mère vénézuélienne, bien qu'installée à Barcelone depuis un certain temps. Et bien qu’elle soit certaine que, d'une certaine façon, ses racines influencent son travail, elle n'hésite pas à dire que les gens qui l’entourent et la ville dans laquelle elle vit le font aussi. Son énergie, puissante et même révolutionnaire, est également transmise dans le poème qu'elle a composé pour ce film. " Ce que j'aime dans le football", dit-elle, "c'est qu'il pousse un groupe de personnes à se battre pour un objectif commun. L'énergie que cette unanimité génère me semble très puissante. "

Tu te consacres à l'écriture, en vers et en prose, mais tu postes également des vidéos de performances et tu as participé à des projets de toutes sortes : te définirais-tu d'abord en tant qu'écrivaine ou te considères-tu davantage comme une artiste multidisciplinaire ?

Il m'a toujours été difficile de m'identifier en tant qu '« écrivaine », car je sens que j'ai besoin de faire l'expérience de ce que j'écris ou imagine à partir d'autres dimensions, telles que la performance ou l'interprétation. Mais j'écris depuis l'âge de sept ans, c'est quelque chose que je n'ai jamais abandonné et c'est le fil conducteur de tout ce que je fais. En fin de compte, tout est une narration et ce qui m'intéresse le plus, c'est d'analyser et d'expérimenter les formes et les barrières des formats qui nous permettent de raconter des histoires.

Selon toi, quel est l'élément qui relie tous tes projets ?

Sur le plan formel, l'écriture. Mais conceptuellement, ce serait l'identité, l'unité / la dualité, la folie qui implique le fait d'être en vie et le sens de l'humour.

Ça fait déjà un moment depuis Lo que pasa cuando no pasa nada, je crois que tu travaillais sur un nouveau livre de poèmes, est-il déjà publié ou le sera-t-il bientôt ? Que peux-tu nous dire là-dessus ?

Oui, ça fait quatre ans depuis Lo que pasa cuando no pasa nada (le temps passe vite). Je suis très enthousiaste à l'idée de publier mon deuxième recueil de poèmes. Je peux dire qu'il sortira en fin d'année et sera accompagné d'un spectacle auquel je réfléchis encore, dans lequel je souhaite faire converger différentes disciplines.

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Qu'est-ce que la poésie pour toi.

Pour moi, la poésie est une essence comprimée en mots. De grandes choses dites avec très peu de lettres. C'est un rythme et un regard. Elle est partout, c'est inéluctable.

Tes projets, comme nous l'avons dit, sont également très visuels. Au lieu de montrer une vie parfaite sur Instagram, tu ne maquilles jamais ce que tu ressens et parles ouvertement de tes insécurités ; toujours avec une pointe d'humour, bien sûr, quelque chose de très caractéristique chez toi. Considères-tu que ton profil est comme un journal personnel que tu partages avec le monde ? As-tu des règles concernant le partage de ce travail ou le fais-tu dans la liberté la plus absolue ?

Je ne pense pas beaucoup à ce que je partage au niveau de la cohérence du contenu. Je suis guidée par ce que j'estime être sincère et cohérent avec moi-même. Mais oui, involontairement, une sorte de journal intime émotionnel a été généré, comme une montagne russe. Je suis très guidée par mon intuition, elle me fait rarement faux pas. J'utilise beaucoup les story, c'est un format avec lequel je me sens très à l'aise et c'est là que je me montre de façon la plus vulnérable, en essayant, comme tu dis, d'ajouter des touches d'humour.

Je dis cela parce que tu n'as pas peur de montrer ton corps, quelle est l'importance du nu dans ton travail ?

Montrer mon corps a changé ma vie. Il s’agissait de surmonter une peur et un complexe profondément ancrés. Cela m'a beaucoup aidée à réaliser que rien n'était si important, le jeu est toujours là et la plupart des règles que nous croyons indélébiles sont totalement modifiables. Mon corps est l'un des outils dont je dispose pour travailler. Je l'aime, je m'occupe de lui et je le soigne, mais en même temps, je doute de son importance. Et, dans le doute, j'aime rire.

Tu as grandi à Caracas et tu es la fille d'un père néerlandais et d'une mère vénézuélienne, mais tu partages toujours l'esthétique et le style d'autres artistes faisant également partie de la scène barcelonaise, telles que Carlota Guerrero ou Paloma Lanna. Dirais-tu que tu t'inspires plus de ce que tu as maintenant autour de toi que d’autres choses du passé, ou que tout compte ?

J'imagine que ce dont j'ai hérité de cultures aussi différentes que celles de mon père et de ma mère a beaucoup influencé ma compréhension de certains concepts. Mais oui, esthétiquement, mes amitiés m'inspirent beaucoup et je pense que nous avons des façons très similaires de comprendre le langage visuel. Cela dit, j'ai toujours du mal à vraiment identifier mes références. Mais c'est un éventail qui inclut des musiciens, des acteurs, des metteurs en scène, des humoristes, des écrivaines, des peintres, etc.

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Raconte-nous comment s'est passée la participation à la vidéo d'adidas pour Sivasdescalzo. Avais-tu déjà travaillé avec Candela ou Mans O ?

Ça a été un processus super fluide. Avec Candela, je n’avais jamais collaboré, et j’ai vraiment apprécié de la rencontrer et de la regarder danser en direct. Avec Mans O, oui, nous avions déjà collaboré auparavant. À plusieurs reprises. On a été en couple pendant presque cinq ans. C'était agréable de collaborer avec lui, maintenant en tant qu'amis.

Es-tu une fan de foot ?

Non, pas dutout. Mais j’ai écrit un poème l’année dernière sur mes voisins, qui le sont.

Dans les paroles du poème que tu as composé pour la vidéo, il semble que tu compares le moment où les spectateurs célèbrent un but avec la même énergie et la même passion avec laquelle on mène une révolution. Est-ce ainsi que tu as relié le football à la sensation de liberté et de changement qui a suivi la Coupe du monde ?

Oui. Ce que j'aime dans le football, c'est qu'il pousse un groupe de personnes à se battre pour un objectif commun. L'énergie que cette unanimité génère me semble très puissante. Même invincible. Très semblable à l'énergie émanant d'un mouvement de révolution.

Sur quoi travailles-tu maintenant, peux-tu nous parler de tes futurs projets ?

Je termine mon deuxième livre de poèmes, prépare un film, construit une plateforme disciplinaire appelée Vitamin, osant expérimenter davantage l'actrice que je sens en moi, pansant mes blessures, mettant l'accent sur l'amour que je ressens pour moi-même et pour les autres. Essayant de déchiffrer les pierres angulaires de cette folle existence, de manière générale.

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Bodysuit NIKE X MATTHEW WILLIAMS.
Bodysuit NIKE X MATTHEW WILLIAMS.
Bodysuit NIKE X MATTHEW WILLIAMS.
Full look NIKE.
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  • Photographie: Viridiana Morandini