LIAM HODGES, IDENTITÉ MUTANTE

La marque éponyme de Liam Hodges a du succès grâce à la vision moderne qu’elle a du sens de la masculinité depuis 2013. Plus que d'être connue pour son utilisation de patchwork, ses silhouettes de workwear et son essence graphique, même si, aussi, elle l'est surtout pour son intérêt dans tous les types de sous-cultures : le skate, le grime, le punk, la techno ou la culture rave. Tout ceci en n'ayant pas nécessairement Londres comme épicentre, bien que ce soit là où elles se retrouvent. Liam Hodges utilise une infinité de combinaisons d’influences qui créent une identité mixte et mutante, comme en témoignent ses créations originales et contemporaines. Nous parlons avec lui de tout cela et de bien plus encore.

Comment décririez-vous Liam Hodges, la marque, à quelqu'un qui n'en a jamais entendu parler ?

Nous la décrivons d'habitude comme une marque masculine pour quiconque, mais pas pour tous, qui utilise des récits méta-fictionnels pour créer des vêtements qui reflètent le monde qui nous entoure. Nous avons l’intention de présenter une vision moderne de l’aspiration à responsabiliser notre consommateur avec humour et intelligence.

Vous avez dû être submergé lorsque vous avez quitté votre petite ville pour Londres, il y a quelques années à peine. Comment diriez-vous que la ville de Londres a influencé votre travail ?

Elle ne l'a pas fait. Nous vivons en ligne.

Avant de commencer l'université, vous ne saviez pas que vous finiriez par travailler dans le monde de la mode, vous êtes même arrivé à dire que cela avait "finit par arriver". J'ai l'impression que vous êtes quelqu'un d'assez calme, comment réussissez-vous à conserver cette attitude dans une industrie aussi frénétique ?

Le truc que j’ai trouvé est d’avoir autour de vous une bonne équipe qui ait déjà sa propre voix et qui soit prête à jouer avec mes idées, mais qui est également disposée à bien faire son travail et à faire face aux défis que nous nous imposons les uns aux autres.

Pourquoi et quand avez-vous décidé de rejoindre Fashion East, une organisation londonienne qui aide les designers émergents ? Comment pensez-vous que cela vous a aidé ?

Lulu Kennedy (fondatrice et directrice) et l'équipe de Fashion East m'ont beaucoup soutenu depuis le début. J'ai postulé à l'époque et j'ai eu la chance d'être choisi comme l'un de ses designers. Cela m'a beaucoup aidé de disposer d'une plate-forme où je puisse présenter mon travail, mais le plus important était et continue d'être la façon dont ils soutiennent les nouvelles idées et la manière de progresser dans l'industrie.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre processus de création ?

Il change à chaque saison. Parfois, je dois faire pas mal de croquis et faire beaucoup de recherches, et parfois je me concentre sur une idée, un résultat. Ce sont généralement des réactions à ce qu'il se passe. La thématique et notre point de vue sont généralement une réaction à ce qui se passe, nous ne créons pas à partir du vide, nous sommes tout à fait connectés à la réalité.

Chaque saison suit des thèmes différents, mais on pourrait dire que toutes vos collections ont en commun votre intérêt pour les sous-cultures musicales de Londres, du grime à la techno. Vous êtes d'accord avec ça ?

Je pense que nous avons commencé par avoir des influences plutôt britanniques, mais nous avons maintenant des influences mondiales. Ces sous-cultures et genres de musique sont partagés par tous, ce n’est plus aussi unidimensionnel. Il y a des gars qui écoutent du grime à Berlin et qui créent de la musique électronique expérimentale. Les sous-cultures d'aujourd'hui sont plus personnelles et résultent généralement d'une auto-guérison.

Votre dernière collection Mutations in the 4th Dimension est votre réponse à la nostalgie et à la perfection supposée qui correspondent au monde de la mode. Pensez-vous que ces thèmes sont trop utilisés ? Est-ce la raison pour laquelle vous avez voulu créer une conversation autour de cela ?

Je pense qu'il y a différentes façons de voir le monde. Et tu crées ta propre réalité. Pour nous, la vision que nous avons choisie n'est pas parfaite.

Avec qui aimeriez-vous collaborer ?

Nous essayons toujours de travailler avec des personnes et des marques avec lesquelles nous connectons. On peut généralement dire après une première réunion si la collaboration aura un sens ou non. Je pense que les meilleurs collaborateurs sont ceux à qui on ne s'attend pas.

Comment voyez-vous l'avenir pour la marque ?

Il change toujours. Et il évolue, aussi. De nos jours, le monde va si vite que nous allons agir en réaction et avancer avec.