Nous sommes sur le point de clôturer la saison estivale des festivals de musique. Et, avouons-le : nous nous sommes bien amusés avec les têtes d'affiche... Mais nous avons passé un bien meilleur moment avec les artistes affichés en petits caractères qui ont toujours des surprises pour ceux qui savent bien regarder. Nous t'expliquons lesquels ont été nos six préférés.
Peut-être que la grande majorité des festivals tentent d'attirer notre attention par le biais des têtes d'affiche. Mais ceux qui, depuis des années, (et même des décennies !) vont d’un festival à l’autre, savent que la véritable légende est forgée dans les petits caractères. Car après tout, voir Noel Gallagher pour la énième fois sur scène n’a rien de légendaire... Mais qui ne se souvient pas de la première fois où il a découvert par surprise ce groupe en direct qui l’a ensuite accompagné toute sa vie ?
Il fut d’ailleurs un temps où les festivals n'étaient pas tellement obsédés par les grosses têtes d'affiche qui vendaient beaucoup d’entrées et étaient beaucoup plus dévoués à leur travail de prescription. D'ailleurs, le festivalier moyen arrivait également sur place avec un esprit beaucoup plus ouvert pour se laisser surprendre par l'inattendu et moins obsédé par les horaires des programmes pour ne rien manquer de “connu” et adoré.
Et, bien que ces temps-là soient vraiment très lointains, les festivals continuent de conserver des espoirs sous la main pour que les aventuriers qui ne soient pas (seulement) éblouis par les grands groupes et les dinosaures musicaux du passé les découvrent. Maintenant que nous avons presque clôturé la saison des festivals d'été, il est donc temps de se demander quelles ont été les six grandes découvertes que les festivals de cette année 2019 nous ont laissées.
CHANNEL TRES (vu à Paraíso 2019). Sexy black Timberlake est l’un des hits les plus récents de Channel Tres, en plus d’une véritable déclaration d’intention. Cet homme prétend-il être le nouveau (et noir) Timberlake ? Il n'en a pas besoin, car il a la sensualité de Justin, qu’il a montrée sur la scène espagnole, mais il l'habille avec une house qui n'avait pas été si appréciée depuis les débuts de Kaytranada.
LET'S EAT GRANDMA (vues au Mad Cool 2019). Rosa Walton et Jenny Hollingworth ont fait leurs débuts à 17 ans et, depuis, ça a été un non-stop : elles ont commencé à résonner quand elles ont rejoint SOPHIE, ont sorti un album / intitulé grower I'm All Ears... Et, cette année, elles ont été confirmées dans la saison des festivals comme un tourbillon sur scène qui montre que les nouvelles générations sont particulièrement dotées d’un certain pouvoir.
MASEGO (vu au Sónar 2019). Ça suffit avec la blague du traphousejazz. Même si c'est Masego (c'est-à-dire : Micah Davis) qui a créé cette étiquette, la vérité est que de le voir sur une scène transcende le trap, le house et le jazz. On voit bien qu'il est né en Jamaïque et qu'il a grandi dans une communauté chrétienne de Virginie (États-Unis) : cette tension existe dans une musique dans laquelle le soul du XXIe siècle agit comme un séduisant pot d'échappement.
SLOWTHAI (vu à Reading 2019). Nothing Great About Britain est le disque avec lequel Tyron Frampton a interrogé le "Great" devant "Britain" sur la base d'un hip-hop belligérant allant direct à la jugulaire. Ses chansons attaquent le populisme tout en s'adressant précisément aux bases populaires... Et, bien que l’assemblage de ses paroles ait peut-être été perdu dans un festival espagnol, la boule d'énergie Slowthai a été perçue comme puissante (et dangereuse).
YELLOW DAYS (vu à Coachella 2019). Le pop peut-il sonner comme le futur ? Yes it can ! Surtout si il résonne dans une voix privilégiée comme celle de George van den Broek, qui utilise son alias Yellow Days pour approcher le pop à d'autres genres et, ainsi, le démonter de l'intérieur et le reconstruire avec des morceaux inattendus et surprenants. Il n'est donc pas surprenant que ses hymnes en perpétuel slow motion brillent particulièrement sous le soleil des festivals de notre pays.
AMA LOU (vue à Glastonbury 2019). Tous les nouveaux artistes ne peuvent pas prétendre avoir été propulsés sur la scène après que Drake ait partagé une Story sur Instagram se déclarant comme un fan absolu... Mais si Ama Lou peut s’en vanter, au lieu de rester vaniteuse, elle préfère mettre la viande sur le gril d’un soul pour le XXIe siècle, chargé de conscience sociale, qui a particulièrement brillé cette année à Glastonbury.