De loin, vous voyez une toile faite de mégots empilés sur un panneau, mais de près, vous observez plus de détails. Mesures indiquant à quel moment de la consommation ils ont été jetés, logos affichant différentes marques et une palette de tons rougeâtre, rose et nude qui les imprègne. Vous pouvez en apprendre beaucoup sur une personne en observant les déchets qu’elle produit, et les œuvres de Tyrrell Winston en sont d’excellents exemples.
TYRRELL WINSTON, DÉCHETS TRANSFORMÉS EN ART

L'artiste américain Tyrrell Winston crée des œuvres d'art à partir d'objets trouvés dans les rues de New York. Ce qui est considéré comme des déchets par certains, il finit par le ramasser et l’utiliser dans son travail. Avec plusieurs expositions personnelles à son actif, le travail de Tyrell devient de plus en plus viral. Il est donc temps que nous le connaissions un peu mieux.
Si un peintre utilise des pinceaux, de la peinture et des toiles pour créer ses œuvres, Tyrrell Winston réutilise tout ce qui a été jeté. Il y a quelques années, alors qu'il vivait dans un appartement du quartier new-yorkais de Chelsea, quand l'argent ne lui suffisait pas à acheter du matériel, il a commencé à parcourir les rues de son quartier pour voir ce qu'il pouvait trouver. Au début, il trouvait des cartons, des papiers usés, des boîtes, qu'il utilisait pour faire des collages. Peu de temps après sont venus s'ajouter aiguilles, balles dégonflées, mégots, filets usagés et même faux ongles en acrylique.
De toute évidence, la tournure que vous pouvez donner à son travail dépendra de votre point de vue. Les détracteurs ne manquent pas pour affirmer que son travail consiste uniquement à glorifier les déchets, mais en rester là est simplet. Avec son travail, Tyrrell Winston recontextualise non seulement les objets ignorés qui cachent l’histoire des autres, mais son travail a aussi un aspect social à prendre en compte. Par exemple, à chaque fois qu’il trouve un filet de basket cassé, il le remplace par un nouveau qu’il achète lui-même. Dans ses propres mots : "Je travaille avec des objets universels qui s’étendent à travers les cultures et les lieux. Il y a des déclarations sous-jacentes dans tout ce que je fais, mais elles doivent être déchiffrées par le spectateur."
