Cependant, les quatre décennies de Vivienne Westwood dans le monde de la mode ont suivi une évolution qui l'a menée du punk agressif à son intérêt actuel pour le durable, des concerts Sex Pistols à la réception par la Reine, du punk au nouveau romantique.
En 1990, Westwood envisageait de lancer une collection basée sur la richesse des textures des peintures classiques, une réponse luxueuse aux collections précédentes, basées sur ce qui se passait dans les rues. Cela dit, le résultat final était loin de ce que Westwood voulait réaliser : elle avait besoin des peintures elles-mêmes. Dans la lignée de la collection, elle choisit Dafnis et Cloe, une oeuvre de François Boucher qui représentait deux bergers adolescents au style rococo, théâtral, sentimental et voluptueux du peintre français. À l’opposé du punk, Westwood plaça l’œuvre picturale dans un corset qui devint instantanément le fétiche de la collection Portrait.
Loin du punk en tant que style mais avec la même attitude d'opposition à ce qui était établi : à une époque où l'on parlait de minimalisme, Westwood s'approchait du rococo. Un vêtement qui, il y a plusieurs siècles, était un signe d'oppression, a été placé à l'extérieur et orné de peintures sensuelles qui, au XVIIIème siècle, étaient aussi perturbantes que les vêtements de Westwood à la naissance du punk. Ce corset reste, au Victoria and Albert Museum, l’un des éléments clés pour comprendre le design britannique.


